Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:24
La Seine a de la chance
Elle n’a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement sans bruit
Et sans se faire de mousse
Sans sortir de son lit
Elle s’en va vers la mer
En passant par Paris

La Seine a de la chance
Elle n’a pas de soucis
Et quand elle se promène
Tout le long de ses quais
Avec sa belle robe verte
Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s’en balance
Elle n’a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s’en va vers le Havre
Et s’en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris.

(Spectacle)
Par Prévert - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Poésie française
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:11

     
    Sono solo. Nessuno ascolta dove
    agli amici dispersi ogni richiamo
    è vano.
    Brilla come un ghiacciuolo l’odio, e penso
    che vedrò questa sera te che amo.
     
    Penso quanto nel sole
    che rileva, nell’ombra che nasconde,
    ho fatto, errato, a dirmi in pace alcune
    parole.
     
   
    Je suis seul. Nul n’écoute où
    est vain tout appel aux amis
    dispersés.
    La haine brille comme un glaçon, et je pense
    que je te verrai ce soir, toi que j’aime.
     
    Je pense : dans le jour qui révèle,
    dans l’ombre qui dérobe, j’ai tant fait,
    tant erré, pour me dire en paix quelques
    paroles.
   

(traduction de Philippe Renard et Bernard Simeone parue dans l’Orphée)


     
     
   
    Je suis seul. Nul n’écoute là
    où est vain tout appel aux amis
    dispersés.
    La haine brille comme la glace, et je pense
    que je te verrai ce soir, toi que j’aime.
     
    Je pense à tout ce que j’ai fait,
    dans le soleil qui révèle, dans l’ombre qui dissimule,
    pour me dire en paix de trompeuses paroles.
   

(traduction parue dans NRF et Noir sur blanc)

Par Umberto Saba - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Le repaire des dinosaures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 07:00

Il faisait un soleil du tonnerre _ et je pensais croiser Catulle avec des filles. Je n'ai trouvé personne, hors mon ombre courte dans les ruines.


Alors, je suis descendu contre le lac, pour y faire mon poème, et j'ai jeté dans l'eau des pierres qui ont fait des ronds.  Mais je ne sais pas s'ils ont atteint, ces ronds, le pied de la montagne, en face.

 

Alleluia.  Quand même.

Par Pierre Della Faille - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Poésie française
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 06:43

Quelque part dans une maison calme
le soleil passe à travers les volets
et la poussière se croyant seule se met à danser
sans autre bruit que celui que fait un insecte.

Il y a bien au loin le cri d'un enfant
ou celui d'un chien oppressé de solitude.
Il y a bien, dans l'herbe, le pas d'une source
où la mer vient, en se cachant, prendre pied.

Il n'y a plus soudain dans le jour immense
qu'un bourdon désorienté qui se cogne aux carreaux
qu'un oiseau brûlé de soleil
qui retombe comme une feuille au milieu des blés.

Et la chambre plus profonde que le monde
se tient dans l'ombre auprès de la porte
avec un cœur qui a cessé de battre
parce qu'il n'y a plus de soleil dans les volets.

(Le Monde sans joie, 1945)
Par Lucien Becker - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : poésie en vrille et en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 06:41

Le cœur si mal audacieux
les pieds pris dans des flaques d'yeux
où va l'homme ?

Ne trouve pas son attirail
tout un pavé dans le poitrail
où va l'homme ?

Rêve de huttes de varech
de fin gibier non de pain sec
où va l'homme ?

Dit à l'épouse imaginée
le mot le plus clair de l'année
où va l'homme ?

Donne à l'ami de ses nuits blanches
le fruit de la plus haute branche
où va l'homme ?

Battu rompu cerveau lavé
salue encor la matinée
où va l'homme ?

Par Jean Sénac - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Le repaire des dinosaures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Rechercher

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés