Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 18:25
Entre mes deux épaules elle a planté sa voix
Puis s'est enfuie dans la nuit.
Tous les méchants font ainsi.
Où est-elle ? Un train appelle
Un autre qui le suit.
Elle n'a plus de visage
Ses yeux se sont éteints pour moi.
Le train court il appelle
Où est-elle où est-elle
Dans le battement de mon sang
Dans le milieu de mes yeux
Entre mes vastes mains
Je cherche c'est en vain
Entre mes deux épaules elle a planté sa voix
Un jour sa voix reprendra vie
Et je tomberai transpercé.
Par SDF - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Poésie française
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 09:55
Lunes, soleils, petites galaxies,
Monstres tourneurs, globes inopinés,
Quelqu'un de votre race a perdu vie :
Elsa la mouche a fini de tourner.

Elsa, la mouche a tourné des semaines
Avec ses soeurs ainsi que vous tournez,
Gros tourbillons d'étoiles à la chaîne ;
Elsa la mouche à la fin s'est calmée.

Donc, la voici, les quatre fers en l'air,
Un grain de sucre encore à ses papilles.
Morte ! Elle est morte, ô sensible univers !
Elsa la mouche est défunte et raidie.

Soyez bien fort les astres que vous êtes
Et dévorez le fer, le cuivre ardents.
Elsa vivait de rognure et de miette,
Mais comme Elsa, vous ne mangez qu'un temps.

Vous qui tournez, vivantes, bien nourries,
Dans ces lopins où flottent les idées,
Boules de cendre ou comètes fleuries,
Tout comme Elsa, vous serez évidées.

Elsa taquine et joyeuse qu'emporte
Un vent grognon qui n'aime plus l'été,
Tu zézayais le nom de la clarté
Et tu n'es plus que cette mouche morte !

Paissez votre herbe, étoiles bovidées,
Puis venez voir d'un cil incandescent,
Elsa qui toute à son petit néant,
Finit de paître et sèche, décédée.

Elsa mourut : le frêle évènement !
Mais elle était lueur d'une pensée
Et dites-moi, lourds barils des nuées
Si vos lueurs savent briller autant.

Son chant soyeux, ses ailes de mica
Ne vibrent plus parmi les choses rondes
Et songez-y, comètes et polkas,
Tout comme vous, Elsa tournait au monde.
Par SDF - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Le repaire des dinosaures
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 21:29
 

Un vieillard hurle à la mort
et traverse le square en poussant un cerceau
Il crie que c’est l’hiver et que tout est fini
Que les carottes sont cuites que les dés sont lâchés
et que la messe est dite et que les jeux sont faits
et que la pièce est jouée et le rideau tiré
Vainement
vainement
De bons amis m’appellent qui me détestent bien
de vieux amis obèses me surveillent montre en main
me supplient de comprendre tout ce qu’ils ont compris
Vainement
vainement
De vrais amis sont morts d’un seul coup tout entiers
et d’autres vivent encore et rient de toutes leurs dents
les autres les appellent et m’appellent en même temps
Vainement
vainement
Les autres qui sont morts déjà de leur vivant
et qui portent le deuil de leurs rêves d’enfants
et ces gens exemplaires corrects et bien élevés
se tuent à vous prédire ce qui va arriver
et la route toute droite le chemin tout tracé
et la statue de sel la patrie en danger
Le moment est venu de se faire une raison
Déjà au fond de square on entend le clairon
le jardin va fermer
le tambour est voilé
Vainement
vainement
 
Le jardin reste ouvert pour ceux qui l’ont aimé.

Par SDF - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Poésie française
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 10:52
De la tourterelle au crapaud,
De la chevelure au drapeau,
À fleur d'eau comme à fleur de peau
              Les frissons courent :
Les uns furtifs et passagers,
Imperceptibles ou légers,
Et d'autres lourds et prolongés
              Qui vous labourent.

Le vent par les temps bruns ou clairs
Engendre des frissons amers
Qu'il fait passer du fond des mers
              Au bout des voiles ;
Et tout frissonne, terre et cieux,
L'homme triste et l'enfant joyeux,
Et les pucelles dont les yeux
              Sont des étoiles !

Ils rendent plus doux, plus tremblés
Les aveux des amants troublés ;
Ils s'éparpillent dans les blés
              Et les ramures ;
Ils vont orageux ou follets
De la montagne aux ruisselets,
Et sont les frères des reflets
              Et des murmures.

Dans la femme où nous entassons
Tant d'amour et tant de soupçons,
Dans la femme tout est frissons :
              L'âme et la robe !
Oh ! celui qu'on voudrait saisir !
Mais à peine au gré du désir
A-t-il évoqué le plaisir,
              Qu'il se dérobe !

Il en est un pur et calmant,
C'est le frisson du dévoûment
Par qui l'âme est secrètement
              Récompensée ;
Un frisson gai naît de l'espoir,
Un frisson grave du devoir ;
Mais la Peur est le frisson noir
              De la pensée.

La Peur qui met dans les chemins
Des personnages surhumains,
La Peur aux invisibles mains
              Qui revêt l'arbre
D'une caresse ou d'un linceul ;
Qui fait trembler comme un aïeul
Et qui vous rend, quand on est seul,
              Blanc comme un marbre.

D'où vient que parfois, tout à coup,
L'angoisse te serre le cou ?
Quel problème insoluble et fou
              Te bouleverse,
Toi que la science a jauni,
Vieil athée âpre et racorni ?
– « C'est le frisson de l'Infini
              Qui me traverse ! »

Le strident quintessencié,
Edgar Poe, net comme l'acier,
Dégage un frisson de sorcier
              Qui vous envoûte !
Delacroix donne à ce qu'il peint
Un frisson d'if et de sapin,
Et la musique de Chopin
              Frissonne toute.

Les anémiques, les fiévreux,
Et les poitrinaires cireux,
Automates cadavéreux
              À la voix trouble,
Tous attendent avec effroi
Le retour de ce frisson froid
Et monotone qui décroît
              Et qui redouble.

Ils font grelotter sans répit
La Misère au front décrépit,
Celle qui rôde et se tapit
              Blafarde et maigre,
Sans gîte et n'ayant pour l'hiver
Qu'un pauvre petit châle vert
Qui se tortille comme un ver
              Sous la bise aigre.

Frisson de vie et de santé,
De jeunesse et de liberté ;
Frisson d'aurore et de beauté
              Sans amertume ;
Et puis, frisson du mal qui mord,
Frisson du doute et du remord,
Et frisson final de la mort
              Qui nous consume !

Par SDF - Publié dans : bôs poêmes de poêtes - Communauté : Poésie française
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 19:59
Fin août 1966
la vie est
        toujours la même
        jamais la même
je suis manœuvre des British Petrols à l’Aéroport
Côte d’Azur
pour les fines Caravelles les stridents Tridents
et les gros Boeings
et j’entends dire que deux alpinistes sont retrouvés
qu’un gendarme tire un innocent
que 2 000 Turcs sont engloutis
que la Gaga Kum a été vue sur la Croisette
qu’une jeune femme que j’estime
va descendre six mois dans la nuit d’un gouffre
des électrodes sur tout le corps
que les enfants et les tigres bleus de l’Indochine d’aujourd’hui
jouent toujours parmi les feux d’artifices dangereux
tout cela dans une certaine disproportion
Par SDF - Publié dans : bôs poêmes de poêtes
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