Partager l'article ! Claudel : Ode au Maréchal: Monsieur le Maréchal, voici cette France entre vos bras, lentement qui n’a que vous et qui ressuscite ...
Monsieur le Maréchal, voici cette France entre vos bras, lentement qui n’a que vous et qui ressuscite à voix basse.
Il y a cet immense corps, à qui le soutient si lourd et qui pèse de tout son poids.
Toute la France d’aujourd’hui, et celle de demain avec elle, qui est la même qu’autrefois.
C’est vrai que j’ai été humiliée, dit-elle, c’est vrai que j’ai été vaincue.
Mais tout de même il me reste ce corps qui est pur et cette âme qui n’est pas déshonorée.
Et sans doute, c’était un rêve baroque, cette baraque où j’ai vécu soixante-dix ans.
Monsieur le Maréchal, il y a un devoir pour les morts qui est de ressusciter.
Et certes, nous ressusciterons tous au jour du Jugement dernier.
France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père.
Fille de Saint-Louis, écoute-le ! Et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?
Écoute cette voix raisonnable qui propose et qui explique.
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