Quand je te quitte, la nuit, ô la plus maigre de mes maîtresses, j'allume un bout de bougie pour descendre les escaliers. Mais dehors, je l'éteins, et les étoiles lointaines et la secrète Phœbé ...
J'étais au fond des pierres Fasciné Par je ne sais quel serpent La foule Intriguée par mon sort De sa seule présence tenait le serpent en respect Un guerrier s'approcha de moi pour me dire : C'est ...
La Seine a de la chance Elle n’a pas de soucis Elle se la coule douce Le jour comme la nuit Et elle sort de sa source Tout doucement sans bruit Et sans se faire de mousse Sans sortir de son lit ...
Sono solo. Nessuno ascolta dove agli amici dispersi ogni richiamo è vano. Brilla come un ghiacciuolo l’odio, e penso che vedrò questa sera te che amo. Penso quanto nel sole che rileva, nell’ombra ...
Il faisait un soleil du tonnerre _ et je pensais croiser Catulle avec des filles. Je n'ai trouvé personne, hors mon ombre courte dans les ruines. Alors, je suis descendu contre le lac, pour y ...
Quelque part dans une maison calme le soleil passe à travers les volets et la poussière se croyant seule se met à danser sans autre bruit que celui que fait un insecte. Il y a bien au loin le cri ...
Le cœur si mal audacieux les pieds pris dans des flaques d'yeux où va l'homme ? Ne trouve pas son attirail tout un pavé dans le poitrail où va l'homme ? Rêve de huttes de varech de fin gibier non ...
Je me sentais insouciant et fort ce matin dans mon pantalon de commando israélien acheté par correspondance. Là-haut, au Ranch de la Déveine, j'ai parlé aux corbeaux de ma voix de baryton, nourri ...
Le vieux pommier était mourant depuis plusieurs saisons, les feuilles avaient abandonné ses branches moussues. En septembre dernier, quatre petites pommes courageuses avaient essayé de mûrir pour ...
Le travail de ne point mourir À perte de vue et de peine Occupe l'heure et la semaine Et retient le cœur de courir L'horizon s'essaie et s'efface Au beau milieu de ce non-lieu Où voyage silencieux ...
Monsieur le Maréchal, voici cette France entre vos bras, lentement qui n’a que vous et qui ressuscite à voix basse. Il y a cet immense corps, à qui le soutient si lourd et qui pèse de tout son ...
Quand je t'attends devant ta compagnie d'assurances Il sort d'abord quatre petits gamins puis un groupe d'hommes mûrs et sérieux enfin tes amies, des jeunes filles rieuses Carmen, Anne-Marie, ...
Ça sentirait bon les rhododendrons et les jeunes filles d'Honfleur Mouche ta plume avant d'écrire à la dame J'vo zème Momy cett'fois dans vot'bec Roulez vot'langue et l'coucou d'ton bazar J'm'en ...
Le poème éploré se lamente ; le drame Souffre, et par vingt acteurs répand à flots son âme ; Et la foule accoudée un moment s’attendrit, Puis reprend : « Bah ! l’auteur est un homme d’esprit, Qui, ...
Le vélin écrit rit et grimace, livide. Les signes sont dansants et fous. Les uns, flambeaux, Pétillent radieux dans une page vide. D’autres en rangs pressés, acrobates corbeaux, Dans la neige ...
L'escalier de l'hôtel de ville est large. Pour monter, il faudrait être grand, franchir de temps en temps deux marches et balancer un porte-document. L'homme qui gravit seul est court et déhanché. ...
Du côté du port, les rues sont défoncées, les usines mortes, les entrepôts usés. Plus loin, dans les terrains vagues, on les remplace, quand ça tombe. Ici, tout bouge, change de place, de forme, ...
Si j'aide le chauffeur à porter vos valises, ne me remerciez pas, c'est le hasard, je suis jeune et costaud, j'ai besoin de bouger. Si j'ai l'air comme ça d'être avec vous, on voyage ensemble, on ...
Pour la remercier d’un pot de coings Rondeau redoublé Votre laquais vert, jaune ou gris, Ô Dame toute libérale, M’a présenté votre régale ; C’est pourquoi ce Rondeau j’écris. Un matin, ma servante ...
Hélas ! qui n'a gémi sur autrui, sur soi-même ? Et qui n'a dit à Dieu : « Pardonnez-moi, Seigneur, Si personne ne m'aime et si nul n'a mon cœur ? Ils m'ont tous corrompu ; personne ne vous aime ! ...
Reçois, pasteur des boucs et des chèvres frugales, Ce vase enduit de cire, aux deux anses égales. Avec l’odeur du bois récemment ciselé, Le long du bord serpente un lierre entremêlé D’hélichryse ...
Un monde mort, immense écume de la mer, Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales, Jets de pics convulsifs étirés en spirales Qui vont éperdument dans le brouillard amer. Un ciel rugueux, ...
Amant splendide du réel, Au fond du pays de sa faim Se tient le tigre. Le soleil se lève en son sang : Irriguée de clarté sa patte chasse Les chimères !
Ah ! comme ça va, Comme ça va donc vite, Comme ça va donc bien, En chemin de fer !... Nous chanterons le P.-L.-M. Et, de même, L’Est, L’Ouest, Et le Midi ; Et nous chanterons aussi, — Si cela ne ...
Par des temps de brouillard, de vent froid et de pluie, Quand l’azur a vêtu comme un manteau de suie, Fête des anges noirs ! dans l’après-midi, tard, Comme il est douloureux de voir un corbillard, ...
C’est l’heure où parle le clocher De choses éternelles, L’heure où se vont toutes coucher Les rouges coccinelles, L’heure où, sur le seuil du Lapin, Bonnet frondeur, hilare, Frédé, l’avant-dernier ...
Sur le balcon où tu te penches Je veux monter... efforts perdus ! Il est trop haut, et tes mains blanches N’atteignent pas mes bras tendus. Pour déjouer ta duègne avare, Jette un collier, un ruban ...
Bien que Parisienne en tous points, vous avez Conservé dans votre être un parfum bucolique, Legs immatériel des poëmes rêvés Par votre mère ; ainsi votre forme s’explique. En effet, votre voix a ...
Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre, Ce que la vérité le contraint de penser, Et à qui le respect d’un qu’on n’ose offenser Ne peut la liberté de sa plume contraindre ! Las, ...
Ici où l'homme mange et ne peut l'éviter se souille et ne peut l'éviter souille autrui et ne peut l'éviter pour finir en pourriture qui donc parlera de pureté. Ici dans ce royaume dément dans ce ...
Esprit qu'on voit briller de clartés éminentes, Toi qui de l'univers connais chaque ressort, Et qui sais la vertu, la force et le rapport Des cieux, des éléments, des pierres et des plantes, ...
AIR : Je ne veux que Tircis Je ne saurais parler, sans parler de l'amour ; J'aime mieux garder le silence : Heureuse de perdre le jour, En vivant sous sa dépendance. On me dit que d'amour je parle ...
Ma sœur aînée, Mélancolie, Pourquoi m'avez-vous tant aimé ? Somme faite de notre vie, J'ai songé trop, et vous pleuré, Et pourtant nos âmes amies Sous le ciel n'avaient souhaité, Qu'en nos jours ...
Silencieux, les poings aux dents, le dos ployé, Enveloppé du noir manteau de ses deux ailes, Sur un pic hérissé de neiges éternelles, Une nuit, s'arrêta l'antique Foudroyé. La terre prolongeait en ...
César, calme César, le pied sur toute chose, Les poings durs dans la barbe, et l’œil sombre peuplé D'aigles et des combats du couchant contemplé, Ton cœur s'enfle, et se sent toute-puissante ...
Je ne sais plus quoi dire sinon qu'il fait doux, que l'impossibilité de vivre est la seule chose vivante, que j'évite rarement les flaques, que j'aime les arbres à résilles. Je suis ce que vous ...
Je me promène sur le pont dans mon complet blanc acheté à Dakar Aux pieds j'ai mes espadrilles achetées à Villa Garcia Je tiens à la main mon bonnet basque rapporté de Biarritz Mes poches sont ...
La mer est de nouveau obscure. Tu comprends, c'est la dernière nuit. Mais qui vais-je appelant ? Hors l'écho, je ne parle à personne, à personne. Où s'écroulent les rocs, la mer est noire, et ...
Triste, loin de l’Amie, et quand l’été décline, Quand le jour incliné plaît à mon cœur désert, Sans un souffle de vent, sous un ciel tout couvert D’où par places la pluie échapperait en bruine, Je ...
L'air est glacé, mais la nuit est sereine, Les astres clairs nagent en un ciel pur ; J'entends gémir les eaux de la fontaine ; Le firmament étale son azur. L'airain battu d'un coup triste et ...
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